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APRNEWS : La légitimité du Roi des Baoulés

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DEVOIR DE MÉMOIRE POUR MIEUX COMPRENDRE LA LÉGITIMITÉ ROYALE DE SA MAJESTÉ ÔTIMI KASSI ANVO, ROI DES BAOULÉ : 

Le jeudi 28 mars 2019, Nanan KASSI ANVO, premier prétendant dans l’ordre de succession de la lignée royale, conformément à la dévolution matrilinéaire,
a été intronisé 12e Roi du peuple BAOULÉ, après plus de 17
ans de vacance de la royauté. Depuis le décès en 2002 de sa Majesté Nanan Anoungblé III, la régence a été assurée
par la Reine-Mère Nanan Akoua Boni II, sœur de Ànougblé III et mère biologique de Nanan Ôtimi Kassi Anvo.

La cérémonie d'intronisation s’est faite dans le strict respect des us et coutumes qui ont imposé une retraite de Nanan Ôtimi dans le bois sacré où seuls les gardiens de la tradition ont accès. A cet égard, les membres des notabilités en charge de l’intronisation des Rois dans la pure tradition Baoulé, étaient tous présents. Le cérémonial
s’est également déroulé sous le regard bienveillant de la
famille paternelle du Roi, dépêchée à cet effet par
sa Majesté Nanan Amon N’douffou V, Roi de Krindjabo.

De façon rituelique, Nanan Ôtimi a été installé sur le trône royal au terme de cette cérémonie avec la plénitude des pouvoirs et attributs liés à sa charge.

● LES PRINCIPES ET L'ENGAGEMENT DU PROCESSUS DE DÉSIGNATION DE SA MAJESTÉ ÔTIMI 

Le processus d’intronisation d'un nouveau Roi dans la civilisation Baoulé est déclenché par le constat du décès du Roi précédent symbolisé par le siège renversé.  Suivant un protocole spécifique, il est procédé, dans les jours qui suivent l’annonce du décès, à la préparation de la
sépulture du Roi (Atchouin) et l’inhumation du Roi défunt. Avant cette échéance, aucune cérémonie d'intronisation  ne peut-être actée. 
La durée de cette période dépend des contingences
matérielles et immatérielles. La coutume est formelle,
la chefferie de royauté, de tribu, de village, de lignage et de
famille est héréditaire :  seul un Aboussouan ou un Awloba ou Blaba
d’un Roi peut hériter de lui ; entendre par Aboussouan un
neveu en ligne matrilinéaire.

Conformément à cette disposition, suivant les principes
et exigences de l’organisation matrilinéaire, seules les
femmes transmettent la légitimité du pouvoir ou de l’héritage du lignage. Pour autant, seuls les hommes ont
le privilège de monter sur les trônes ou les bia, c’est-à-dire
d’accéder à l’Adja, l’héritage du lignage. Aucun enfant n’hérite du trône de son père, aucune soeur ne l’hérite de son frère.

Dans le cas précis du Royaume Baoulé, seules les femmes en
lignage matrilinéaire d’Abla Pokou (Abraha Pokua) et
d’Akwa Boni peuvent constituer le collège des femmes à même de fournir les Princes héritiers prétendants et servir elles-mêmes, éventuellement de Reine-Mère, chacun et
chacune sur son siège spécifique. 
Sur la base de ces principes, et se fondant sur la vacance du trône due à la mort du Roi, le Chef de Walèbo, Chef du
village de Sakassou, agissant comme Régent, réunit les Djèfwouè afin d’obtenir de la Reine-mère la nomination
d’un candidat issu de la famille royale. Néanmoins, les
Djèfwouè ont le pouvoir d’accepter ou de rejeter le
candidat après analyse de son profil. Ainsi, un candidat peut être accepté s’il est réputé avoir un caractère sans
équivoque ; si son ascendance n’est pas contestée par un
membre de la famille du siège. Il peut être rejeté s’il est démontré qu’il a commis un crime ou tout autre délit, s’il est impuissant, sourd ou lépreux, s’il est un ivrogne ou est déformé physiquement. À ce propos, les Akan prononcent
généralement cette phrase sans équivoque en ce qui concerne la constitution physique du futur Roi : « Il
ne doit manquer ni une oreille, ni une narine, ni un doigt ou un orteil ».  Ces consultations sont aussi le lieu de règlement de tout différend ou passif pouvant
compromettre l’intronisation et l'exercice du nouveau Roi.
Ainsi s’il y a eu des frictions entre le candidat désigné et un
membre quelconque de cette assemblée, le différend est
rapidement réglé. Lorsque tous les conflits sont résolus
(s’il y en avait), une date est fixée pour la cérémonie nocturne. En l'occurrence, le 28 mars 2019. La cérémonie officiée par les Djèfwouè était réservée
seulement à une poignée d’hommes, les initiés choisis parmi les
hauts dignitaires du Royaume. Ainsi, tard dans la nuit,
tous les Chefs accompagnés de leur porte-parole, en tenue
simple et sans leurs sièges, arrivent au palais, chacun accompagné d’un seul porteur de parapluie qui n’y accède pas. Les portes-parole retournent sur leurs pas dès que
leurs Chefs franchissent le seuil du palais en dehors du porte-parole du Chef du village. Le futur Roi est introduit pour la première fois dans le 
< Bia sua >,  l’enceinte
qui abrite l’ensemble des sièges des Rois successifs
décédés. L’accès à cette salle étant strictement réservé, Nanan Ôtimi désigné Roi légitime des Baoulé a été introduit par les Djèfwouè qui ont
officié et consacré son intronisation. Dans ce sens, on feint de faire asseoir le Roi trois fois de suite sur le trône dont il est l’héritier avec des paroles bien précises : la première fois, le célébrant prononce ces paroles :
« À partir d’aujourd’hui, tu es l’élu de ce trône ». La seconde fois, il déclare : 
« Nul n’a le droit de te détrôner tant que
tu ne donneras pas dos au trône » (autrement dit, tant que tu ne seras pas mort). La troisième fois, les anciens
disent : « Nous resterons tous soumis à tes ordres », rituel à la suite duquel le Roi Ôtimi fut installé sur le trône. Après ce serment d’allégeance, Ôtimi à son tour, a prêté serment sur les <Oumien
Bia> suivi d’une libation de boisson puis le sacrifice d'un bélier blanc sur les <Oumien Bia > 

De tout ce qui
précède, il faut retenir que la cérémonie d’intronisation de Sa Majesté Ôtimi Kassi, le 28 mars 2019 à Sakassou,  en sa qualité de 12e Roi des Baoulé s'est s’inscrite dans le respect de
ces dispositions et principes séculaires.
L’intronisation de Nanan Ôtimi Kassi Anvo a donc obéi à toute la tradition exigée en la matière. Son règne ouvre de nouvelles perspectives pour le royaume et le peuple
Baoulé au service de la Côte d'Ivoire, une et indivisible. Tel est le respect de la Loi traditionnelle qui est certainement dure et complexe pour certains, mais que nul n’est censé
ignorer.

@ Le Cabinet Royal 

Longue vie au Roi Ôtimi
Vive le Royame Baoulé